voir le voir in situ
C’est par exemple un temps lors duquel je viens faire images de ce que je vois et qui donne lieu à des collages de ces clichés sur les murs. Les tirages en plus ou moins grand format révélant alors des petites choses qui tissent le plus ou moins visible du quotidien.

Eté 2025 – Rencontres de Monthelon ( 89 )
Je prends des clichés de celles et ceux qui font qu’un tel événement puisse se produire. Une centaine de bénévoles travaillent ensemble pendant une semaine et je me faufile pour témoigner image de ce processus souvent invisible pour les spectateur.ices.
Le soir je sélectionne les foto avant d’aller les imprimer puis les coller dans la journée suivante. Ainsi au jour le jour les murs, cages d’escalier, vieilles pierres ou portes dérobées se retrouvent support de l’exposition qui se trame en direct.



Exposition de portraits des Balades Sensibles / Y Mettre du Sien / Scènes du Jura – Dole
Vernissage le 7 mars 2026 au Musée des beaux arts de Dole



Les Balades sensibles – Cartel d’exposition
Les portraits que vous voyez aujourd’hui sont les fruits de rencontres qui ont eu lieu début décembre 2025. Nous avons passé avec Lillian une demie journée dans une dizaine de structures de Dole et du Grand Dole.
La première surprise est l’accueil qui nous a été fait.
En effet, la plupart des participant.es nous attendaient et s’étaient même apprêtées. Ce fut joyeux et chaleureux !
Nous parlions, prenions un café, une madeleine, on nous faisait visiter, on nous expliquait comment ça marche ici. Et tout en se racontant je prenais des photo à la volée comme j’aime le faire – rapidement et tout en continuant à parler. Parfois je prenais du recul cherchais un angle racontant davantage le moment vécu. Souvent je me rapprochais très prés. Compte tenu des conditions de lumière j’ai aussi utilisé un flash. Il ya aussi des personnes que l’appareil photo intimide et qui le voyant les voir, se figent, s’arrêtent de respirer, alors parfois on réfléchissait ensemble à une pose, un lieu qui offrirait un cadre qui rassure, qui mette en valeur. Cette étape des Balades nous a touchées par la bonne réception qu’elle a reçu, comme si l’acte d’être pris en photo pouvait encore satisfaire, comme si être regardé par un photographe était peut être un temps privilégié, une attention posée sur soi dont on pas toujours l’habitude. Quelque chose d’extra quotidien ?
Mi-février nous sommes revenus dans tous ces lieux, parcourant la campagne mouillée et déjà presque printanière. Nous sommes venu avec les tirages en couleur et avec l’objectif de coller ces images à l’extérieur. Sur les murs dehors, dans la rue, des granges, vielle portes et pan de mur crépi.
A mon grand étonnement ce ne fut pas la partie qui a rencontré le plus d’entrain. Nous avons souvent entendu : n’est-ce pas dommage que ces belles fotos finissent dehors et abimées par la pluie ?
Certes.
Mais c’est là le coeur du projet : tourner vers le dehors des portraits de personnes qui ne sont pas, ou peu, représentées dans l’espace public et de fait sont rendu invisibles aux regard du plus grand nombre.
Tel est l’ambition des Balades sensibles et cela n’enlève pas la possibilité d’imprimer les fotos pour soi puisque tous les fichiers sont mis à disposition des paticipant.es.
Prés de 150 personnes ont été prises en photo.
Une quarantaine de clichés ont été choisi pour être agrandi par Yves Régaldi sur du papier fine art
Les personnes qui le souhaitent pourront repartir avec leur portrait.
Quand aux autres on les retrouve sur la mosaïque de 20 mètre carré, une grande toile d’inter-connaissance à l’entrée de l’exposition.
A même le mur, sont rassemblées 200 photos de tous.tes les participant.es, reportant au sein même du musée la technique de collage que nous avons utilisé pour coller dehors. Soit le principe de l’encollage d’affiches : de la colle à papier peint, des seaux, des pinceaux, de l’eau et des impressions papiers.
Une fresque pulsatile et réticulaire, laissant affleurer ce qui nous a tant toucher : la porosité des rôles sociaux et symboliques entre celles et ceux considérées comme aidant.es et aidé.es, soignant.es et soigné.es, accompagnant.es et accompagné.es, accueilli.es et accueillant.es.
Souligner en se reconnaissant ses complémentarités, ses interdépendances , nos solidarités.
Ici tout le monde peut jouer à retrouver son image ou se rendre compte que ces visages ne sont finalement pas si singuliers que ça !
Nous remercions toutes les personnes rencontrées et qui ce sont prêtées au jeu du portrait et que nous exposons ici et dans la rue et aussi à toutes les structures ainsi que toutes les personnes y oeuvrant qui nous ont ouvert grand leur porte.
Je remercie la Cie Anomalie qui m’accompagne depuis 15 ans et a soutenu ce besoin que j’ai de prendre en foto les gens. Merci aux Scènes du Jura et son équipe de choc qui savent accompagner les artistes dans leur pérégrination et savent écouter ce qui se passe sur ce territoire si riche. Merci à toustes les personnes et les bénévoles travaillant dans l’ombre de ces lieux et qui rendent tout ça possible Enfin, gratitude sincère au musée et son équipe pour la confiance porté à notre projet et à Yves Régaldi qui a fait plus qu’imprimer les tirages de l’expo !
Les images qui suivent sont les siennes et permettent de laisser une trace supplémentaire de celles, éphémères, de tous ces collages dans l’espace public. Papier peint sur murs pluvieux, sur ceux des foyers autonomes, d’une cacaravanes, des marches ou cages d’escalier du théâtre, des murs crépis du bistrot chouette, de ceux du GEM une autre rive, de la grange du lieux de vie et d’accueil Il était une fois, du Secours pop ou de la régie de quartier du Mesnil Pasteur.




